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illustration du rôle clé du leadership dans l'adoption de l'intelligence artificielle en entreprise

Lundi 01 juin 2026

Manager et IA : comment guider vos équipes vers l’intelligence artificielle 

Delphine MALENFANT
Responsable Développement Commercial

Le rôle du manager change : du contrôle à la curiosité 

Le manager d’aujourd’hui, ce n’est plus celui qui a réponse à tout et qui vérifie que tout le monde suit les règles. C’est celui qui ose tester, qui reconnaît qu’il apprend lui aussi, et qui montre l’exemple plutôt que de donner des consignes. 

Concrètement, cela se traduit par trois ajustements naturels dans la façon de manager : 

  • Dans la tête : accepter de ne pas tout contrôler, laisser de la place à l’essai et à l’erreur plutôt que d’exiger d’emblée des résultats. 
  • Dans les connaissances : ne plus seulement maîtriser « comment ça marche », mais comprendre comment vos collaborateurs, vos outils et l’IA peuvent travailler ensemble pour produire de meilleurs résultats. 
  • Dans les actes : passer de « je te dis quoi faire » à « je te montre comment j’explore moi-même ». Là on parle de vrai travail collaboratif et constructif, pas de surveiller ce que font vos équipes.  

Ce n’est pas une révolution du jour au lendemain. C’est une série de petits ajustements, de conversations, de décisions prises ensemble. 

Aider chaque collaborateur à comprendre sa valeur réelle

Voici quelque chose que peu de managers font, et pourtant c’est très puissant pour la cohésion  et le sens : aider vos collaborateurs à cartographier leur propre travail

La plupart des fiches de poste décrivent des tâches accumulées au fil du temps. Elles ne disent pas où se trouve vraiment la valeur humaine d’une personne. Et c’est précisément ce que l’IA oblige à reconsidérer : quelles tâches sont répétitives et peuvent être automatisées ? Quelles décisions nécessitent vraiment un jugement humain, une relation, une expérience ? 

Le Work Trend Index 2026 propose un exercice simple mais très efficace : demandez à chacun de lister les 10 tâches qui occupent le plus leur temps, puis de les trier selon trois critères : 

  • Les tâches répétitives et prévisibles — mêmes entrées, mêmes sorties, même processus → idéal pour l’IA 
  • Les tâches qui varient selon le contexte ou les relations — ici, le jugement humain est une clé
  • Les tâches où la personnalité et l’expérience de la personne font vraiment la différence — si quelqu’un d’autre s’en chargeait, le résultat ne serait pas le même 

Ce tri révèle souvent des surprises. Une RRH qui « gère les recrutements et suit les entretiens annuels » réalise qu’elle fait preuve en réalité de « flair humain » : en quelques minutes d’échange, elle sait si une personne va s’épanouir dans l’équipe ou si ça va coincer. Une intuition que des années d’expérience ont affinée. Aucun algorithme de tri ne capte ça. Elle, oui. C’est exactement ce genre de contribution invisible que vous devez aider à faire remonter. 

En tant que manager, faites cet exercice pour vous-même en premier. Ça changera la façon dont vous l’animez avec vos équipes. 

Identifier où se trouve vraiment le jugement humain

 Une fois les tâches triées, vient la question la plus importante : où se situent les vraies décisions dans ce poste ? 

Pas les décisions administratives ou les validations automatiques. Les vraies : celles où l’expérience compte plus que la vitesse, où la relation est plus importante que le process, où une erreur aurait des conséquences durables sur la confiance ou la qualité. 

Pour vous aider à guider cette réflexion avec vos équipes, voici quelques questions clés à leur poser : 

  • Où est-ce que « ça dépend » revient le plus souvent dans ton travail ? 
  • Quelles situations t’amènent à te poser quelques minutes pour réfléchir: non pas parce que c’est difficile, mais parce que les enjeux sont élevés ? 
  • Sur quels sujets tes collègues ont-ils le réflexe de te demander ton avis, plutôt que de décider seuls ? 
  • Qu’est-ce qui disparaîtrait si ton poste n’existait plus demain ?

C’est là que se joue vraiment l’avenir du travail face à l’IA. Non pas dans la résistance aux outils, mais dans la clarification de ce que les outils ne peuvent pas faire : l’intuition acquise par l’expérience, la lecture des émotions et des relations, la capacité à sentir qu’une décision va mal tourner avant que les données ne le confirment. 

Ces compétences ne sont pas visibles dans une fiche de poste. Votre rôle de manager, c’est aussi de les rendre visibles et de créer les conditions pour qu’elles s’exercent davantage.

Passer à l’action cette semaine

Les prises de conscience ne valent rien sans action concrète. Le Work Trend Index 2026 propose une approche simple que vous pouvez mettre en place dès cette semaine avec chacun de vos collaborateurs, autour de trois verbes

Retirer — Identifier une tâche que l’IA peut faire à la place de la personne, sans perte de valeur. La déléguer réellement, pas juste en parler. 

Renforcer — Choisir une zone où le jugement de la personne est vraiment irremplaçable, et lui consacrer davantage d’attention et d’énergie. 

Rediriger — Libérer un créneau de temps (même petit) pour le consacrer à un travail à plus haute valeur ajoutée. 

Ce que cela implique pour votre propre rôle

Vous ne pouvez pas demander à vos équipes de changer si vous n’êtes pas le premier à bouger.

Faites l’inventaire de vos propres tâches. Identifiez ce que l’IA pourrait prendre en charge dans votre agenda. Reconnaissez à voix haute que vous apprenez, que vous tâtonnez, que vous n’avez pas toutes les réponses. Faire preuve de curiosité est beaucoup plus puissant que de demander aux autres de l’avoir. 

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